Louis Dapolino fait partie de ces hommes ternes qui veulent se rendre invisibles. Sans lien social, il évite les contacts et les conflits pour mener une vie insipide, inodore et incolore. La monotonie de son existence le comble. Mais depuis peu, Louis a peur de dormir. Quelqu’un ou quelque chose hante ses nuits puis bientôt ses journées. Le diable ? Sa conscience ? La petite vie bien calme et bien rangée qu’il s’est forgée au fil des années va se transformer en cauchemar éveillé. Obligé de remettre en question le moindre de ses actes et son influence sur un monde dont il pensait s’être protégé, il s’enferme progressivement.
Dominique Leconte aime la vie, la nuit et les rencontres. Elle est curieuse de tout. Elle tente de profiter de chaque instant entre un boulot purement alimentaire et une mère régulièrement hospitalisée. Ses journées et ses soirées sont autant d’occasions de s’adonner à des plaisirs simples et parfois gourmands… Sa joie de vivre et son regard ironique sur les autres vont se retrouver bouleversés par la descente aux enfers de son patron.
Cette petite secrétaire, qui travaillait jusqu’alors en bonne indifférence avec Louis, va tout mettre en œuvre pour raccrocher à la réalité un patron qui se débat entre voix, hallucinations, sentiment de persécution et culpabilité.
Ce livre psychologique flirte avec le fantastique et oscille entre angoisse et humour : comme les deux personnages, dont l’un fuit le monde et l’autre croque la vie. Ces deux destins vont s’entrelacer et chacun va imprimer un regard différent sur l’autre et sur la spirale de la schizophrénie.
Au fil des chapitres, chacun des deux personnages devient successivement le narrateur. Un jeu de miroir, toujours écrit à la première personne, qui permet d’explorer leurs regards opposés sur le monde et leur incompréhension mutuelle. Le décalage est parfois drôle et parfois dérangeant.
Dans un style fluide qui mise sur l’émotion et l’empathie, l’auteur nous fait passer d’un personnage à l’autre, instaurant avec eux une intimité et une complicité particulière. La construction du récit tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page.