
passionnée par la gastronomie. Non pas celle des restaurants à la fourchette « design » et à l’addition indigeste mais celle affectueuse qui se déguste entre goût et bonheur sur une table cerclée d’amis. A partir de faits réels et récents, une légende est née dans les Corbières…
EXTRAIT :
Fifine saisit les cageots de légumes et les épluche. L’ail et l’oignon qui s’effeuillent en bruissant sèchement comme de vieux parchemins, comme détenteurs d’une sagesse ancestrale les rendant vénérables dans toute préparation. Les pommes de terre qui détachent une peau épaisse et terreuse, ouate chocolatée qui se déroule en langues douces, sans faire le moindre bruit. Seuls les doigts humectés et noircis rappellent le strIp tease du tubercule. Le potiron, enfin, dans sa carapace préhistorique. Armure orangée, gainée tout autour par des ceintures invisibles qui serrent la chair en bourrelés. Force herculéenne, d’héros mythique en tous cas, pour fendre la défense d’une lame valeureuse qui déchire, s’enfonce, et fait craquer la boule cuirassée en tranches denses. Alors, pour achever le combat, le couteau dépouille chaque part, les morcelle avant de les précipiter dans le beurre chaud d’une casserole, de les remuer jusqu’à ce que la sueur mêlée à la crème ne transforment la citrouille en un velouté royal.