
Première gorgée, première caresse.
Le feu coule au plus profond de soi, réchauffe le ventre.
Bon Dieu quel bonheur de leur échapper ainsi !
La seconde. Même liqueur. Même couleur. Mais le palais accueille le breuvage avec connaissance. Les gencives se grisent, électrisent les dents. Et, du fond de la cavité buccale à la pointe de la langue, s’éveillent mille sensations relayées par des arômes subtils qui s’élèvent, orageux, jusqu’aux narines. L’œil s’enflamme et le teint s’embrase. L’âme se métamorphose au contact de la flamme liquide. Brillance et verticalité sont au rendez-vous comme si l’homme émergeait enfin de sa stupide coquille. Vigueur complice qui l’arrache de son humaine condition. Corps pulvérisé sous l’impulsion d’une vitalité revigorante et qui éveille jusqu’au moindre neurone. Invitation au voyage vers une autre dimension. Tellement plus réelle, fantastique, incomparable. Finies, les années qui bétonnent les articulations et désagrègent l’être. Au placard, les tracasseries et autres spécialités qui assombrissent le temps. L’élixir ouvre les portes, aère les caches nauséabondes de l’esprit, ramène l’homme à l’échelle cosmique. Perfusion indispensable pour traverser une vie. La sienne, en tous cas.
Un livre à lire ! Sud-Ouest
On atteint l’alchimie du Verbe. C’est un grand texte, très grand texte ! Geneviève Béduneau
Au détour des effluves d’alcool de cet écrivain aux faux airs de Bukowski, Jean-Marc Savary explore les méandres des comportements humains. La Dépêche du Midi